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Oeuvre de Soutien
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Comment ne pas parler d’elle ?

 

Mademoiselle Girod de l’Ain n’aurait pas aimé qu’on évoque son nom. Cependant elle est un personnage incontournable dans l’histoire de l’Œuvre de Secours. Aux côtés de sa mère, initiatrice et fondatrice, elle s’attelle énergiquement à la tâche et assume pendant plus de trente ans et jusqu’à ses derniers instants la lourde charge de Secrétaire générale.

 

Portrait de Mademoiselle Alix Girod de l’Ain
27 août 1887 – 6 décembre 1947

Logo du Comité de Secours  aux églises dévastées
D.R. Logo du Comité de Secours
aux églises dévastées
des régions envahies

Est-ce à son rang d’aînée dans une fratrie de cinq enfants, ou à l’exemple paternel, officier militaire, qu’Alix devait son tempérament de chef ? Qui sait ? En tout cas, c’est de son grand-père maternel, qui fit une brillante carrière préfectorale, qu’elle hérita son extraordinaire sens de l’organisation. Ces deux traits de caractère, auxquels s’ajoutaient un grand esprit de foi et un sens profond de la charité, furent de précieux atouts pour l’Œuvre de Secours qu’elle servit dès sa fondation en 1915.
Sa santé ne lui ayant pas permis de se consacrer aux membres souffrants du Christ, c’est là, à l’âge de 25 ans, qu’elle put servir le Christ et son Eglise.

Elle était à l’aise avec tous : les grands comme les petits, les concierges comme les ministres, les curés comme les prélats. Et bonne pour chacun, prodigue envers les pauvres. Elle n’avait peur de personne et avec une audace surprenante elle obtenait des garanties du gouvernement.

Tract pour soutenir l’Œuvre de Secours
D.R. Tract pour soutenir
l’Œuvre de Secours aux églises dévastées

Pour preuve cette anecdote rapportée par Deshoulières, membre de l’Œuvre et son proche collaborateur : « Obtenir une audience du ministre des Régions libérées n’était pas aisé. Son oncle Fournier-Sarlovèze était Haut-Commissaire aux Régions libérées et avait noué à cette occasion des relations non seulement fréquentes mais cordiales avec le ministre. Il fut convenu que nous nous trouverions à tel jour et à telle heure dans l’antichambre du ministre avertissant l’huissier avec assurance que celui-ci nous attendait. A l’heure dite Mademoiselle Girod de l’Ain et moi, nous occupions la position. La porte du cabinet du ministre s’ouvre, M. Fournier-Sarlovèze en sort et, à l’ahurissement de l’huissier, nous pousse à l’intérieur, présente sa nièce et M. Deshoulières, se retire et ferme la porte. Le ministre fut un peu surpris, mais grâce à la personnalité de notre introducteur, M. Fournier-Sarlovèze, il nous fait asseoir et, suivant le rite adopté dans nos expéditions de ce genre, je prends la parole : "M. le ministre, nous venons vous entretenir de la reconstruction des églises détruites par la guerre et de l’intérêt qu’ont les régions ruinées à en poursuivre la reconstruction…" À ces derniers mots, toujours suivant le même rite, je baisse la voix intentionnellement et c’est Mademoiselle Girod de l’Ain qui continue. Dans une argumentation serrée, logique et concluante elle expose notre thèse » … et remporte la partie !

Entreprendre, commander, diriger, organiser… mais toujours pour servir l’Eglise du Christ, ce qui explique les témoignages de reconnaissance des nombreux évêques à l’heure de sa mort et la présence de plusieurs d’entre eux le jour de ses obsèques. Monseigneur Roncalli, alors nonce apostolique, célébra une messe auprès de sa dépouille mortelle et la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège transmit cette dépêche : « Sa Sainteté - apprenant avec peine - décès Mademoiselle Alix Girod de l’Ain - envoie famille - paternelles condoléances - bénédiction apostolique - gage divins réconforts. »

La Vierge Marie était venue la chercher un samedi matin au terme d’une douloureuse maladie. « On l’ensevelit dans la robe de laine blanche et avec le grand scapulaire de l’Ordre de Saint-Dominique dont elle était tertiaire. Elle portait dans le Tiers-Ordre le nom de Sœur Catherine de Sienne ; mais elle aimait aussi qu’on l’appelât : Sœur Alix de Jésus. »