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Qui nous aidera à perdre notre vie pour la trouver ?

Homélie pour le Temps pascal - 6ème dimanche de Pâques - Année A

L'Esprit-Saint, Paraclet
(Jn 14, 15-21)

Par le Père Guy Lecourt
Prêtre de Versailles (78),
le 29-05-2011


« Moi, je prierai le Père, et Il vous donnera un autre Défenseur qui sera toujours avec vous… ».

Pourquoi donc Jésus promet-il à ses Apôtres et à nous-même un « Défenseur » ? Et nous défendre contre qui ?

La première idée à rejeter, c’est de penser qu’il faudrait nous défendre contre un dieu qui nous accuserait de tous nos péchés. Même Jésus ne nous jugera pas : sa Parole seule révèlera nos erreurs et notre méchanceté. Son Père ne l’a-t-Il pas envoyé pour nous sauver ?

Dans la Bible et en particulier les Evangiles, quel est l’adversaire, l’ennemi de l’homme, celui qui veut le voir tomber ?

Il a de nombreuses appellations : le “Satan”, “l’adversaire”, “l’ennemi”, “l’accusateur”… Jésus le désigne encore par le “prince de ce monde”, car c’est bien l’esprit de ce monde qui met les disciples du Seigneur en procès continuel. Il est vrai que suivre les commandements du Seigneur, “ses prescriptions ”, n’est pas chose facile. Ils vont à rebrousse-poil, d’abord, de nos inclinations, de nos désirs, souvent légitimes, de tranquillité, de bonheur : pourquoi s’occuper des autres ? Cela peut être bien dérangeant et décevant ! Pourquoi se priver quand c’est à notre portée ? Et tant d’autres bonnes raisons… Qui nous défendra contre nous-mêmes et nos pentes naturelles à protéger notre vie au détriment d’appels à la justice, au partage, à la bonté et à l’amour du frère ? Car “ Qui veut sauver sa vie la perdra ”. Qui nous aidera à “trouver notre vie” (Mt 16, 25) en n’ayant pas peur et étant assez fort pour accepter de la perdre et donc de la sauver ?

De façon plus générale, qui nous aidera à avancer à contre-courant des mentalités, souvent médiatisées, qui sous couvert de compassion, veulent donner la mort ; sous couvert de liberté, sont égoïstes et individualistes ; sous couvert d’efficacité, laisse dans la misère tant de personnes au profit de quelques nantis ?

Alors, voyons quel est ce “Défenseur” que Jésus a promis de nous envoyer.

Le texte liturgique a traduit le mot grec “Paraclet” Paraklhton (de “para” “à côté de” ; “klhton” de “kalew” “appeler” ) : “Celui qui est appelé à côté de quelqu’un”, un avocat qui assiste un accusé lors de son procès en lui “soufflant” des réponses pour sa défense. C’est aussi un conseiller, un interprète et même un intercesseur et un consolateur. C’est donc un terme très riche en significations que l’Evangile a choisi pour exprimer cette personne que Jésus va envoyer. Cet Esprit de Vérité apporte aux croyants la pleine lumière sur le Père et le Fils et nous révèle leur regard et leur action bienveillante pour notre pauvre humanité.

Ainsi nous pouvons compter sur Lui pour nous éclairer et nous aider en toute situation. C’est Lui, par exemple, qui nous permettra une vraie compassion auprès de celui qui souffre, cherchant à le soulager autant qu’il est possible, mais en restant une présence pleine d’écoute, de respect, parfois de silence. C’est Lui qui nous aidera à exercer notre liberté en même temps que notre responsabilité en étant solidaire de ceux qui vivent des situations de précarité. C’est encore Lui qui nous fera renoncer à une efficacité immédiate qui ne conduit qu’à un cumul de richesse et prépare les révoltes de ceux qui n’en peuvent plus.

Pierre nous invitait “à rendre compte de l’espérance qui était en nous”, évitant tout propos triomphaliste ou totalitariste et sûr de lui-même mais “en le faisant avec douceur et respect” comme le rappelait le Concile Vatican II.

Il y a bien des chantiers où les chrétiens peuvent apporter au monde une intelligence éclairée et une force d’action : encore faut-il accueillir et même prier le Paraclet, l’Esprit de vérité. En préparation à Pentecôte, faisons-le dès à présent.

AMEN !