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Ensemble, devenir le Peuple de l'Alliance

Homélie pour le Temps ordinaire - 20ème dimanche du temps ordinaire - Année A

La Cananéenne
(Mt 15,21-28)

Par le Père Guy Lecourt
Prêtre de Versailles (78),
le 14-08-2011


« O femme, grande est ta foi… »

Etonnant que cette attitude distante, à la limite du mépris, que celle de Jésus envers cette Cananéenne. Jésus la justifie d’une certaine manière en répondant à cette païenne “qu’Il est venu pour les brebis perdues d’Israël”, et en cela, Il accomplit bien la prophétie d’Ezéchiel : « Oui, je le déclare, moi, le Seigneur Dieu : La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai ; celle qui est blessée, je la soignerai : celle qui est faible, je lui rendrai ses forces » (Ez 34,16).

La femme ne semble pas être atteinte ni par son silence ni par cette parole : elle ne pense qu’à sa fille, tourmentée par un démon et passe au-dessus de cette attitude qui pourrait lui paraître humiliante. Elle reconnaît l’Alliance de Dieu avec un peuple, mais elle affirme également l’universalisme de l’Amour de ce Dieu qui guérit et qui sauve tout homme.         

Isaïe l’exprimait bien ainsi dans la première lecture qui nous a été proposée aujourd’hui : « Mon salut est proche, il vient… et il vient pour tous et en particulier pour tous les étrangers qui s’attachent au service du Seigneur pour l’amour de son nom (c’est à dire, par amour pour Lui). Et Je les rendrai heureux dans ma maison de prière…maison de prière pour tous les peuples… » (Is 56,1.6-7). Oracle que Jésus reprendra pour justifier sa colère contre les marchands qui se sont installés sur le parvis du Temple réservé à la prière des non-Juifs. (Mt 21,13)

Jésus admire la foi de cette femme : « O femme ! Grande (megalh -mègalè !) est ta foi ; que tout se fasse pour toi comme tu le veux ! Et à l’heure même, sa fille fut guérie ». Jésus se montre bien aussi le pasteur qui guérit toute brebis, fut-elle extérieure à son peuple.

Quand à son peuple, Paul nous fait état de ce mystère qui reste toujours d’actualité aujourd’hui encore. Pourquoi ce peuple qui avait été choisi par Dieu Lui-même et qui avait été comblé de dons, de promesses, n’a pas reconnu son pasteur ? Les dons de Dieu restant irrévocables, Paul en conclut que les païens ont alors profité de la miséricorde de Dieu afin que le peuple juif obtienne aussi cette miséricorde. 

Nous devons nous souvenir de ce comportement de Jésus et adopter son ouverture d’esprit. C’est la confiance en Dieu qui est le premier critère d’appartenance à la communauté chrétienne et chaque personne y a sa place. Il faut donc refuser de s’enfermer dans un communautarisme qui marginalise, crée des exclusions. Tout particularisme qui n’enrichit pas mais empêche de communiquer… tout refus d’accueillir quelqu’un pour la seule raison de sa différence sociale, citoyenne, ethnique, culturelle, politique même… ne peuvent que détruire l’œuvre d’unité que patiemment l’Esprit-Saint, l’Esprit de Pentecôte, a fait souffler sur l’humanité sauvée de ses divisions et de ses guerres par Jésus Lui-même.

Notre Eglise est appelée à témoigner que le salut de Dieu s’adresse à tous les êtres humains. Tous sont invités à vivre en fils et filles du même Père et à devenir peuple de l’Alliance.

Notre Cananéenne l’annonçait.

En cette Eucharistie dominicale, rejoignons le Seigneur de tous qui nous appelle autour de Lui pour nous donner cette force de communion.

AMEN !