Homélie : Jésus, le Bon Samaritain

Le Bon Samaritain (Lc 10, 25-37)

Cette homélie a été prononcée par le
Père Guy Lecourt, prêtre du diocèse de Versailles

Dans la première Lecture de ce dimanche, nous entendions un extrait du Deutéronome, un des cinq livres de la Torah : « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu, en observant ses ordres et ses commandements inscrits dans ce livre de la Loi ; reviens au Seigneur ton Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme » Dt 30, 10.

Jésus, pour répondre au docteur de la Loi, propose cette merveilleuse parabole, bien connue, du Bon Samaritain. C’est pourtant, au nom de cette même Loi, si proche, si accessible selon le Deutéronome, que le prêtre du Temple, (hièreus, sacrificateur), ainsi que le Lévite (sorte de sacristain du Temple), qui descendaient eux aussi vers Jéricho ayant quitté leurs services, se sont détournés de ce pauvre blessé à l’agonie, (à demi-mort !). Pourquoi cette « non-assistance à personne en danger » n’a pu être respectée par ces servants de la Loi ? C’est que les préceptes de pureté rituelle auxquels ils étaient soumis ne leur permettaient pas de s’approcher de ce qu’ils pensaient être un cadavre. Ils se croyaient éclairés par la Loi, mais en fait, ils n’ont pas été jusqu’à mettre en pratique ce qu’elle invite à faire en profondeur, à savoir, nous faire communier à la miséricorde, la compassion et l’amour infini de Dieu pour chacun de ses enfants.

Par ailleurs, avez-vous remarqué que Jésus ne répond pas à la question du docteur de la Loi qui lui demandait : « Et qui est mon prochain ? ». Mais Il l’invite, à la fin de la parabole, à se poser la question : « De qui es-tu le prochain ? N’est-ce pas de celui envers lequel, au-delà de toute considération, tu ferais preuve de bonté, comme le Père le ferait pour lui ? »

Une belle interprétation de cette parabole nous est également proposée par un Père de l’Église du 3ème siècle, Origène. Ce « Bon Samaritain » ne serait-il pas Jésus Lui-même ému aux entrailles, se penchant sur notre humanité blessée à mort ; la soignant avec de l’huile et du vin, qui évoqueraient les sacrements des malades et de l’Eucharistie ; prenant soin d’elle, la confiant à l’auberge qui serait l’Église ; versant 2 deniers correspondant à 2 jours de salaire ; revenant le 3ème jour pour payer tout ce qui aura été dépensé en plus, c'est-à-dire, pour la rendre définitivement à la vie par sa Résurrection au 3ème jour ?

Ne croyez pas que j’exagère : des artistes du Moyen Age l’ont parfaitement compris ainsi et l’ont illustrée par de beaux vitraux que vous ne manquerez pas d’aller admirer si vous visitez les cathédrales de Chartres, Bourges ou Sens.

Soyons d’autres bons samaritains, d’autres Christ nous faisant proches de toute personne blessée. Le Christ qui vit en nous par son esprit n’est-Il pas aussi notre Parole et notre Loi inscrites au fond de notre cœur et qui se révèle par notre bouche ?

AMEN !

dimanche 14 juillet 2013
Père Guy Lecourt