Homélie : La Résurrection du Christ : il y a voir et voir !

Cette homélie a été prononcée par le
Père Guy Lecourt, prêtre du diocèse de Versailles

La Résurrection du Christ : il y a voir et voir !

Croyez-vous que la Résurrection de Jésus se soit manifestée de façon éclatante, comme certains peintres l’ont imaginée (sur le retable d’Issenheim, à Colmar, par exemple) : un bel homme, rayonnant de vie, aux plaies refermées, jaillissant d’une tombe ouverte, auréolé de lumière ! Non ! L’Évangile de St Jean nous conduit de façon tout autre à découvrir, par des signes, la foi en la Résurrection. Cela se fait en quelques étapes que St Jean, par le choix du vocabulaire, semble indiquer. Parcourons le récit.

Tout d’abord, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Le verbe utilisé ici est blèpo, blepw qui signifie voir-constater, qui donnerait lieu à un procès-verbal décrivant ce que l’on voit de nos yeux de chair. Elle ne va pas plus loin ; elle n’entre pas pour chercher d’autres indices. Sur ce constat, elle en déduit qu’on a enlevé du tombeau le Seigneur et s’engage sur une fausse piste. Ayant alerté les Apôtres, Simon-Pierre et « le disciple que Jésus aimait » sortent à leur tour et se mettent à courir vers le tombeau, eux-mêmes intrigués.

v.5 - Le disciple arrive le premier, se penche et voit (même verbe blèpo) « les linges qui sont là, à plat » *. Nouveau constat, avec un nouvel indice : les linges, retombés à plat. Mais il n’entre pas.

v.6 - Simon-Pierre arrive à son tour : « Il entre dans le tombeau et voit les linges, à plat v.7 et le tissu qui était sur sa tête n’est pas à plat avec les linges, mais enroulé, lui, en place » *.

Le verbe ici est théorao qewraw (qui a donné en français : théorie, théoriser, théorème...) Il signifie : observer, regarder attentivement, examiner, inspecter et même contempler. Simon-Pierre se met donc à tenter de comprendre ce qu’il voit, d’en chercher le sens.

v.8 - Entre alors l’autre disciple : « Il vit et il crut ». Un troisième verbe est utilisé : Orao – oraw [qui, sous une autre forme conjugale, a donné en français : ophtalmo]. Ce verbe signifie de façon courante : voir, mais il a aussi le sens imagé de « voir avec les yeux de l’esprit, de l’intelligence » c’est-à-dire comprendre. D’ailleurs au verset suivant, v.9, l’évangéliste commente : « En effet, ils n’avaient pas encore vu l’Écriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts ». Or c’est le même verbe voir/orao qui est traduit habituellement par comprendre.

Voilà donc le chemin de la foi en la Résurrection de Jésus parcouru par « le disciple que Jésus aimait » Il nous invite à le faire à notre tour. On ne peut croire en la Résurrection s’il n’y a pas d’abord le constat (blèpo) de la mort de Jésus selon la chair. Suit notre recherche du sens (théorao) pourquoi n’est-il plus là ? N’y aurait-il pas une vie après la mort ? Mais ces questions toutes bien normales ne suffisent pas pour croire : il faut voir (orao) au-delà du visible.

A tous ceux qui chercheraient des preuves de la Résurrection, il leur est demandé de changer leur manière de voir. « Moïse...en homme qui voit (orao) l’invisible (a-oraton), tint ferme » (He 11, 27).

A tous ceux qui veulent croire, il leur est demandé de partir de la réalité visible de l’existence pour accéder, grâce aux signes et au témoignage de l’Écriture lue ensemble en Église, pour accéder à la réalité invisible qui ne se confond pas avec nos imaginaires, tentés par nos délires. (cf. les tentatives sectaires ou à mouvance New Age).

Croire, c’est passer du voir-avec-nos-yeux-de-chair Celui qui s’est fait chair pour nous au voir Celui qui est le Christ, le Fils de Dieu, ressuscité, non sans chercher à comprendre, comme Simon-Pierre.

Ce désir de voir n’est pas méprisable. N’est-ce pas pour cela que Jésus a dit à l’apôtre Philippe à la veille de sa mort : « Qui me voit, voit le Père » (Jn 14, 9) ; c’est pour cela encore qu’après sa Résurrection, il se donnera à voir aux Apôtres et à Thomas en particulier, afin qu’ils disent ce qu’ils ont vu. Ce qui n’empêchera pas Jésus de féliciter ceux qui ne pourront être les témoins privilégiés, comme les apôtres, de ce voir : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru » (Jn 20, 28).

AMEN !

* Évangile dans la traduction de sœur Jeanne d’Arc, Ed. Desclée de Brouwer.

dimanche 04 avril 2010
Père Guy Lecourt

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