Catéchèse : Pourquoi chercher parmi les morts ?

Porté, par des jambes de vingt ans sans doute, mais par un cœur battant d’espérance à l’incroyable nouvelle – le tombeau est vide ! – Jean arrive le premier, se penche, laisse entrer Pierre : aux signes du linceul et des linges qui, restés à leur place, n’enserrent plus rien, « il vit et il crut ». A notre tour, nous sommes témoins du tombeau vide : c’est notre espérance, c’est notre certitude…

L’amour plus fort que la mort.

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Ils se sont dispersés, blottis, terrés, les femmes éplorées, tous repliés sur cette blessure au cœur, cette incompréhension ressentie devant la mort – et quelle mort pour Jésus ! – celle d’un être cher qui marque l’échec de l’espoir humain. Pour les disciples, en cette veille de Pâques, s’ajoute sans doute le tragique sentiment de leur insuffisance : ils ont lâché devant l’épreuve ; sans compter le ratage politique d'une restauration de puissance.

Mais, après la Vierge Marie, il en est deux, deux qui étaient restés jusqu’au bout au pied de la Croix, et pour qui, d’abord, l’amour se montre plus fort que la mort : ce sont Madeleine et Jean, ceux qui, peut-être, avaient « le plus » aimé.

Le tombeau est vide !

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Porté, par des jambes de vingt ans sans doute, mais par un cœur battant d’espérance à l’incroyable nouvelle – le tombeau est vide ! – Jean arrive le premier, se penche, laisse entrer Pierre : aux signes du linceul et des linges qui n’enserrent plus rien, « il vit et il crut ».

Pour Madeleine en pleurs, à elle en premier, c’est Jésus lui-même qui se montre. Et d’abord elle ne le reconnaît pas. Pourtant les Anges ont prévenu les femmes qui trouvent le tombeau vide : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24, 5-6).

Ainsi, voilà le paradoxe : la mort est inévitable et même nécessaire pour la résurrection – mais elle est abolie, par la résurrection. C’est notre certitude, c’est notre espérance. Car nous sommes, à notre tour, après la parole des Anges, le témoignage des femmes, des disciples, du linceul, avec le mot du Christ « ne me retiens pas », nous sommes témoins du tombeau vide. Notre religion ne se fonde pas tant sur le Livre que sur le Saint Sépulcre – vide.

Un corps incorruptible.

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Sur lui qui est relevé du tombeau, la mort n’a plus de prise. « Christ ressuscité ne meurt plus » ; « le dernier ennemi qu’il a vaincu, c’est la mort » ; « tendez vers les choses d’en-haut », rappelle saint Paul. Car par la résurrection de Jésus-Christ auquel nous unit le baptême, nous sommes renés de l’Esprit Saint, selon la leçon à Nicodème (Jn 3).

Ce qui est semé mortel renaît incorruptible, dans la Parole de vie. Aussi Jésus exhorte-t-il Madeleine, « Ne me retiens pas », (noli me tangere) ; car la place du Christ est désormais à la droite du Père ; c’est de là-haut qu’il envoie le don parfait de son Esprit, pour semer l’incorruptible, c’est de là-haut qu’il reviendra ; les réalités charnelles qu’il a assumées, jusqu’à la mort incluse, sont désormais, « spiritualisées ».

Non pas que le corps n’existe pas, puisque son corps visible est maintenant l’Église et que son corps « glorieux », les disciples l’ont vu, manger du poisson, du miel, l’ont touché jusque dans les stigmates de la Croix qui l’ont marqué ; mais c’est un corps désormais incorruptible, affranchi des servitudes spatiotemporelles.

L’espérance de la résurrection.

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Nous sommes dans l’ESPERANCE de la RESURRECTION, car : « Celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous » (Rm 8,11).

Mais cette résurrection du Seigneur, en laquelle nous croyons et que nous espérons, ce n’est pas la première résurrection de Lazare, sorti du tombeau entravé par ces bandelettes qui ne retiennent plus le Seigneur au matin de Pâques. Ce n’est pas la représentation plus ou moins rationnelle, voire moralisante que des sagesses anciennes ou les idées de nos contemporains peuvent produire : ré-incarnation, reprendre sa chair – corruptible – voire celle d’un autre être, en fonction de ce que ma conduite ici-bas aura « mérité », dans un cycle quasi perpétuel (métempsychose) de renaissances.

Penser cela, c’est rester les yeux rivés sur des réalités charnelles qui nous sont familières, estimer « rationnellement » que « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ».

Le « comment » importe peu, la chrysalide d’ailleurs saisirait-elle les explications du papillon ? Rien ne vaut l’expérience ; Jésus l’a faite et nous précède.

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